Anonyme a demandé: Salut Dr Hyde , une remarque rapport à ton article "Trop de pharmaciens,pas assez de medecin" , le numerus clausus de pharmacie n à pas diminué cet année ? Ou est ce que tu parles du quorum à l installation ? @ Bientot p921
Le numerus clausus a beaucoup diminué… alors qu’on dénonçait une pénurie de pharmaciens il y a même pas 2 ans ! (Je parlais bien du numerus clausus)
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Comment les zèbres ont-ils eu leurs rayures ? Une histoire de co-évolution avec les... taons -
(Source : jeb.biologists.org)
L’IRDES a publié un document de travail passionnant cette semaine “Déterminants de l’écart de prix entre médicaments similaires et le premier entrant d’une classe thérapeutique”.
Je n’aurais pas l’arrogance de paraphraser leur méthodologie et leurs résultats, je ne pourrais les transcrire qu’avec plus de mots et plus de confusions .
En quelques lignes, nous payons très chers les médicaments qui suivent un “first-in-class”* alors même que ces médicaments n’offrent des avantages cliniques que marginaux ou presque aux patients.
Dans un monde idéal où la contrainte financière n’existerait pas, il serait souhaitable de pouvoir disposer d’une palette d’options thérapeutiques dans chaque classe. Dans le monde réel, et dans le monde réel d’une crise de la dette publique on doit douter. Le meilleur exemple d’expérimentation local est l’hôpital. Les hôpitaux, avec leur livret thérapeutique restreint n’offre pas le luxe au prescripteur et au patient de choisir l’IPP le plus adapté, ils choisissent ce qu’ils peuvent. Les patients sont-ils plus mal soignés pour autant ? Sur cet angle cela n’a jamais été prouvé (à ma connaissance). Alors comment justifier le sur-coût qu’engendre ce luxe dans la médecine de ville ?
L’argument “médias mainstream” consistant à opposer la nécessité de payer (trop) cher des médicaments alors même que l’amélioration du service médical rendu est marginale pour supporter la recherche biomédicale semble malhonnête. La responsabilité d’une recherche “intelligente” appartient au laboratoire, faire payer le système public (et/ ou les patients) est totalement anormal. Cette situation s’apparente dans une certaine mesure à celle des majors voulant légiférer le net pour pallier le manque de flexibilité de leur business model.
Les “me-too” participent également à l’effet-structure contribuant à une hausse artificielle du budget consacré à une classe thérapeutique via le jeu du marketing et des délégués médicaux.
Ils ne sont cependant pas qu’inutilité et le développement clinique des inhibiteurs de tyrosine kinase semble démontrer leur sens en oncologie, où l’on ne segmente plus un marché en différenciant les otites infectieuses des otites moyennes aiguës au mépris de toutes réalités cliniques, mais en s’attaquant à différents type de cancers (et malheureusement le traitement des cancers laisse une bonne marge de progression avant d’arriver à une saturation de l’arsenal thérapeutique).
La Nouvelle-Zélande, l’Allemagne, évidemment le Royaume-Uni, ont modelés leurs systèmes de santé de manière à éviter de confondre “budget de l’Assurance Maladie” avec “Investissement dans des entreprises privées”. La France théoriquement le fait via l’ASMR mais reste encore bien plus généreuse que ses voisins. A l’heure où nous devons rendre des comptes à l’international s’agissant de la structure de notre dette publique (et de la part croissante des dépenses de santé au sein de cette dette comme l’a noté Standard & Poor’s), il deviendra surement nécessaire de rationnaliser l’appréhension de l’innovation pour être certain de pouvoir offrir de véritables innovations de ruptures dans le futur…
* Premier médicament d’une classe thérapeutique - micro-innovation de rupture à l’échelle de la pharmacopée qui nécessite des recherches fondamentales audacieuses et du sang-froid lors de la mise sur le marché car les effets indésirables très rares ne sont pas connus (exemple du premier inhibiteur de CETP, torcetrapib)
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